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Mubimbi, le grenier de la capitale

 

Nichée dans les montagnes, cette commune de Bujumbura ‘‘rural’’ est un oasis verdoyant, dont les monts et les vallées tapissés de différentes cultures font le bonheur des commerçants bujumburiens, qui viennent s’y ravitailler en produits frais.

Kinama, le jour du marchéKinama, le jour du marché
À une vingtaine de kilomètres de Bujumbura, on atteint Mubimbi après avoir négocié maints tournants sur la RN1. Au bord de cet axe, il est fréquent de croiser de petits marchés très actifs. Aux voyageurs qui s’y arrêtent, des brochettes fumantes, des régimes de bananes, des paniers de tomates ou d’aubergines, etc., tout un assortiment de produits sont proposés, bradés à qui mieux-mieux.

Pour rejoindre le centre de la commune, on bifurque sur la gauche au niveau de la petite localité nommée Kinama. La route en terre battue, creusée à même la montagne, serpente sur deux kilomètres avant d’atteindre la zone Mubimbi, le centre administratif de la commune. Ce parcours passe comme un rêve : les nuages blancs qui semblent s’accrocher sur le faîte des montagnes, les pentes des collines arrondies, habillées d’une verdure éclatante, et ces maisons nichées dans le creux des montagnes sont tout ce qu’il y a de plus pittoresque.

Le centre Mubimbi incarne la vie active de la commune pour la plupart du temps. Le dédale de sentiers desservant la localité fait qu’on peut quitter une maison pour se retrouver en face du bureau de l’administrateur, ou quitter un bar pour se heurter à une salle de classe. Une topographie qui amuse les locaux, ces derniers se moquant gentiment du visiteur dérouté.

Marché de Kinama, une foire agricole

Si le centre Mubimbi est animé certains jours, il fait pâle figure face à Kinama, pendant les journées de mardi et vendredi, les jours du marché. La plupart des habitants de Mubimbi se réunissent sur ce centre pour vendre leurs productions.

Le marché proprement dit se trouve sur une place surélevée, aménagée pour contenir quelques étals. Mais pendant ces deux jours, le souk déborde et s’étale sur plus de 500 mètres. Dès les abords de la RN1, les commerces se succèdent, les uns serrés contre les autres, devant quelques fois être déplacés pour libérer le passage des voitures venues s’approvisionner. La marée humaine marchant dans tous les sens limite même les mouvements des piétons, la traversée équivalant parfois à partir à l’abordage.

Dans la journée de ce vendredi 13 novembre, le crachin qui a trempé le sol rouge de cette région n’est pas pour arranger les déplacements. Mais cela n’empêche pas les habitants de Mubimbi de dévaler les pentes glissantes des collines pour venir au marché, comme Capitoline, qui vend des produits de propreté. «Je ne peux pas rater ces rendez-vous, sauf si je tombe malade », affirme-t-elle. Car le commerce est pour cette paysanne, comme pour beaucoup d’autres, la roue de secours, des fois le climat pouvant devenir capricieux et lui priver de la production agricole.

Les produits présents au souk sont de toutes les sortes : légumes, tubercules, tabac, bétail, produits de ménage, etc. Ces biens sont moins chers à Mubimbi que dans la capitale, ce qui pousse plusieurs commerçants de la ville à faire des navettes incessantes pour venir s’approvisionner, mais ces derniers temps, comme le souligne Capitoline, la clientèle s’est fait rare à cause de la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays (surtout dans la capitale Bujumbura).

Les activités du centre ne se limitent pas seulement au commerce. À titre d’exemple, pendant ces deux jours, c’est l’occasion pour la population de Mubimbi de se faire couper les cheveux. Des files de personnes se font remarquer devant les salons de coiffure improvisés, ne pouvant fonctionner qu’occasionnellement à cause du manque d’électricité.

Les jeunes de Mubimbi au front

Retour des ‘‘vélo-convoyeurs’’ de MubimbiRetour des ‘‘vélo-convoyeurs’’ de Mubimbi
On ne peut pas prendre la RN1 sans croiser des jeunes cyclistes, transportant sur leurs vélos des régimes innombrables de bananes. Ils descendent la pente de la chaussée à la vitesse du vent, sans avoir peur ni des nids de poules, ni des ravins qui limitent parfois l’axe, ni de s’écraser contre des voitures. Leur retour est aussi hasardeux : remorqués par des camions sur lesquels ils s’accrochent, ils semblent maîtriser la route comme le corps de leur dulcinée.

Ces ‘‘vélo-convoyeurs’’ viennent pour la plupart de Mubimbi. Malgré la dangerosité de ce travail, ce dernier continue à faire beaucoup d’émules dans la région. « Je fais ce métier depuis huit ans, et il m’a permis de m’acheter une parcelle », assure Clovis, jeune homme rencontré sur le chemin.

Les jeunes non scolarisés qui ne sont pas à vélos s’occupent de différentes façons. Soit ils sont dans les champs, soit au bord de la RN1 en tant que vendeurs, soit dans les lits de rivières, où ils extraient des matériaux de construction destinés pour la plupart à la capitale.

Mubimbi est un petit paradis de verdure, pleine de potentialités. Même si la crise qui secoue le pays ne semble pas l’avoir atteinte, son économie, qui dépend en grande partie de la capitale, en pâtit. Ce qui pousse cette paysanne de Mageyo à s’écrier du fond de sa bananeraie: «Comment irions-nous bien tant qu’on ne mange plus à notre faim ? »

 

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"Promouvoir l'intensification agricole basée sur la régionalisation des cultures pour une sécurité durable et la lutte contre la malnutrition."

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